Analyse IPC de la malnutrition aiguë dans le Sud

Les enquêtes nutritionnelles ont eu lieu entre Février et Mars 2020, dans la période de soudure ou l’on observe habituellement le pic de la malnutrition autour de Mars et Avril. Ces enquêtes ont permis de déterminer les prévalences de la malnutrition aiguë selon le poids/tailles et le périmètre brachial nécessaire à la classification.
Sur les 6 districts qui ont fait l’objet de l’analyse, notamment Tulear 2, Ampanihy et Betioky de la région d’Atsimo-Andrefana, Beloha et Ambovombe de la région d’Androy et Tolagnaro de la région Anosy ; 4 ont été classés en situation Sérieuse (IPC Phase 3), ce sont Tulear 2, Ampanihy, Ambovombe et Beloha, et 2 sont en situation d’Alerte (IPC Phase 2) notamment Betioky et Taolagnaro.

Globalement, les principaux facteurs aggravant de la malnutrition aiguë qui ont été identifié au cours de cette période d’analyse sont :

  • L’apport alimentaire inadéquat avec des impacts négatifs sur :
      • la diversité alimentaire des enfants, notamment plus de 8 enfants sur 10 ne bénéficient pas d’une diversité alimentaire minimum sur l’ensemble des districts analysés. Ce facteur contributif a été considèré comme majeur de la situation nutritionnelle sur tous les 6 districts analysés.
      • La diversité alimentaire de la mère avec seulement une faible proportion de mères (entre 20% et 30%) ayant une alimentation diversifiée.
  • L’exposition à une insécurité alimentaire aiguë relativement élevée, en phase de Crise (IPC- Insécurité alimentaire aiguë Phase 3) observée sur 5 districts (sur un total de 6 analysés) pendant cette période, a également été identifié comme un facteur contributif majeur.
  • L’accès aux installations sanitaires améliorées qui constitue aussi un facteur contributif majeur sur l’ensemble des zones analysées. Cet effet est d’autant plus critique qu’il touche plus de 75% des ménages.
  •  L’accès en quantité et qualité d’eau de boisson est inadéquat, avec une moyenne de 7.5 litres d’eau/personne/jour en dessous des recommandations SPHERE de 7.5 litres d’eau/personne/jour sur l’ensemble des districts analysés.
    Ces facteurs engendrent des conséquences négatives sur la santé des ménages et des enfants, entraînant ainsi une forte prévalence des maladies infantiles, notamment le paludisme (entre 25-39%), la diarrhée (20-44%) et les infections respiratoires aiguës (13-46%) aggravant d’avantage la malnutrition aiguë dans la plupart des districts analysés.
  • Les mesures restrictives et de distanciation sociale appliquées à la dernière décade du mois de Mars n’ont fait qu’empirer la situation sanitaire en générale et celle de la malnutrition aiguë en particulier dans les zones d’analysés avec des conséquences néfastes sur le système alimentaire.

Fichiers Pdf téléchargeables en versions française et anglaise :

IPC_Madagascar_AcuteMalnutrition_2020FebDec_French.Pdf

IPC_Madagascar_AcuteMalnutrition_2020FebDec_English.Pdf